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Comment adapter son activité physique après 60 ans pour protéger son cœur et ses articulations

Comment adapter son activité physique après 60 ans pour protéger son cœur et ses articulations

Comment adapter son activité physique après 60 ans pour protéger son cœur et ses articulations

Pourquoi l’activité physique change après 60 ans

Passé 60 ans, continuer à bouger n’est pas un « plus », c’est un véritable traitement préventif. Activité physique régulière signifie moins d’infarctus, moins d’AVC, mais aussi des articulations plus souples, un risque réduit de chutes et une autonomie prolongée.

Cependant, le corps n’a plus les mêmes ressources qu’à 30 ou 40 ans : la masse musculaire diminue, les tendons deviennent plus fragiles, le cartilage s’use, le cœur met un peu plus de temps à s’adapter à l’effort. Il ne s’agit pas d’arrêter de bouger, mais d’adapter ses pratiques pour protéger à la fois son cœur et ses articulations.

Le bon équilibre repose sur trois idées clés :

Les bénéfices cardiovasculaires d’une activité bien dosée

Pour le cœur, l’objectif n’est pas la performance mais la régularité. Plusieurs études montrent qu’à partir de 60 ans, une activité d’endurance modérée (marche rapide, vélo, natation) réduit de façon nette le risque d’accident coronarien et de mortalité cardiovasculaire.

Idéalement, il s’agit de viser :

Ce qui protège le cœur :

À l’inverse, les efforts intenses et mal préparés (déménager un canapé, monter quatre étages en courant, « se prouver qu’on peut encore sprinter ») sont ceux qui exposent le plus aux accidents cardiaques après 60 ans, surtout en cas de facteurs de risque (tabac, diabète, cholestérol, antécédent familial, hypertension).

Préserver ses articulations : bouger sans s’user

Après 60 ans, l’usure du cartilage (arthrose) est fréquente, notamment au niveau des genoux, des hanches, de la colonne vertébrale. L’erreur classique est de penser qu’il faut « économiser » l’articulation en ne bougeant plus. En réalité, l’immobilité aggrave la raideur, la fonte musculaire et la douleur.

Les articulations aiment le mouvement, à condition qu’il soit :

Certaines activités sont particulièrement protectrices :

En revanche, à partir d’un certain âge (et plus encore en cas d’arthrose avérée), il est prudent de limiter :

Renforcer les muscles pour soulager le cœur et les articulations

On pense souvent au cœur, moins aux muscles. Pourtant, la sarcopénie (perte de masse musculaire liée à l’âge) diminue la force, favorise les chutes, augmente les douleurs articulaires et rend l’effort cardiovasculaire plus coûteux.

Intégrer 2 séances hebdomadaires de renforcement musculaire doux est une stratégie très efficace :

Exemples d’exercices adaptés (à faire lentement, sans chercher la performance) :

L’essentiel : privilégier la qualité du geste à la quantité, faire des séries courtes, se reposer entre les séries, et stopper dès l’apparition d’une douleur inhabituelle dans une articulation.

Composer avec ses antécédents et ses traitements

Après 60 ans, rares sont les personnes totalement indemnes d’antécédents médicaux. Avant de modifier significativement votre activité, un point avec votre médecin traitant est indispensable, surtout si vous avez :

Le médecin pourra :

Ne jamais ignorer les signaux d’alerte suivants pendant ou après l’effort :

Adapter la forme d’effort : privilégier l’endurance douce

Le format d’entraînement qui protège le plus le cœur après 60 ans est ce qu’on appelle l’endurance fondamentale : un effort que vous pouvez soutenir longtemps, pendant lequel vous êtes un peu essoufflé, mais capable de tenir une conversation.

Quelques repères pratiques :

La méthode par intervalles modérés peut aussi être intéressante, surtout en cas de fatigue ou d’arthrose :

Ce type d’alternance permet de faire travailler le cœur sans le pousser dans ses retranchements, et de ménager les articulations.

Protéger ses articulations au quotidien

Adapter son activité physique, ce n’est pas seulement choisir un sport « doux ». Cela suppose aussi de modifier quelques habitudes quotidiennes :

Les jours de douleur articulaire plus intense, il ne s’agit pas forcément de rester allongé, mais de réduire l’intensité, diminuer la durée et privilégier une activité sans charge (vélo d’appartement léger, marche très douce, exercices dans l’eau).

Un exemple de semaine d’activité après 60 ans

Ce planning n’a pas vocation à être une norme, mais il illustre un rythme équilibré pour une personne de plus de 60 ans en relativement bonne santé :

La règle d’or : garder au moins un jour sur deux avec un peu de mouvement, même léger. Le corps préfère la régularité aux « gros coups » ponctuels.

Se faire accompagner : un investissement pour la durée

Au-delà de 60 ans, se faire encadrer au début par un kinésithérapeute, un enseignant en activité physique adaptée (APA) ou un coach formé au public senior peut éviter bien des erreurs. Un accompagnement professionnel permettra :

Beaucoup de communes proposent aujourd’hui des ateliers d’activité physique adaptée ou des marches encadrées pour les plus de 60 ans. Ces formats ont l’avantage de combiner bénéfices physiques et lien social, un facteur souvent oublié mais essentiel pour la santé globale.

En résumé, après 60 ans, l’activité physique reste l’un des meilleurs alliés de votre cœur comme de vos articulations, à condition de respecter votre propre rythme, de privilégier la régularité et de ne pas hésiter à demander conseil. Bouger différemment ne signifie pas renoncer : c’est se donner les moyens de continuer longtemps.

Arnaud Pierre

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